Les dirigeables à la reconquête du ciel
Qui se souvient que le Graf Zeppelin a traversé plus de 150 fois l’Atlantique en direction de Rio de Janeiro et New York dans les années 30 ? L’essor de l’aviation a mis un terme au développement des dirigeables. Mais aujourd’hui, ils renaissent surfant sur la volonté de trouver des alternatives crédibles à la consommation de pétrole.
Difficile de repartir à la conquête du ciel après l’accident du LZ 129 « Hindenburg » en mai 1937. Pourtant, à l’heure du développement durable, du bilan carbone et de la prochaine pénurie en énergies fossiles, les nostalgiques de la Deutsche Luftschiff Zeppelin travaillent à la renaissance du dirigeable.
Certains diront que cette idée tient du rêve éveillé. Pas si sûr. En effet, du 5 au 13 juin derniers, la plage de Royan en Charente Maritime accueillait la manifestation de « Rêve d’Icare 2010 » et notamment le « Campus des dirigeables », une rencontre unique en France où se confrontaient des savoirs entre les différents acteurs des domaines ayant pour dénominateur commun les dirigeables. Ce forum, organisé par Dirisoft et l’association Objectif base dirigeable, était ouvert aux chercheurs et aux inventeurs. Nombre de prototypes ont été montrés et chacun a tenté de démontrer sa vision du futur alternatif des moyens de transports.
La France essaye de coordonner ses projets
Le réseau Dirisoft Recherche, association dont l’objet consiste en la recherche et la réflexion scientifique et sociologique sur les dirigeables autonomes, de transport de charges lourdes et stratosphériques, travaille en effet sur des débouchés commerciaux. Partenaire du Pôle de compétitivité Pégase, et sous la houlette de Hervé Kuhlmann - celui qui imagina le dirigeable de Nicolas Hulot - Dirisoft Recherche rassemble les moyens et les efforts dans le développement de dirigeables de nouvelle génération. Malgré le nombre de projets, la France est en retard en matière de recherche. D’autres pays, tels que l’Allemagne, la Grande-Bretagne, les États-Unis, la Russie ou encore la Chine, se donnent les moyens de recherches considérables. Ainsi, la Chine a inscrit les dirigeables dans sa feuille de route scientifique au niveau national
Car les dirigeables s’avèrent aptes pour de nombres applications pratiques. En basse altitude, sans pilote, ils peuvent être exploités à des fins de surveillance ou des missions scientifiques. Avec pilote, ils pourraient entrer dans une stratégie de transport de fret, de charges lourdes. En haute altitude, ils pourraient devenir des relais de communication, alternative aux satellites géostationnaires.
La piste photovoltaïque
Baptisé Néphélios, le premier dirigeable à énergie solaire a vu le jour en 2009. Conçus par des étudiants de différentes écoles et universités, aidés par l’ADEME et différentes entreprises telles que Sweetair Aquitaine ou Total, cet aéronef, d’une longueur de 22 mètres et d’un diamètre de 5,5 mètres, affiche une puissance de 2,4 kW grâce aux panneaux photovoltaïques souples fixés au sommet de son enveloppe. Son principal intérêt : il ne rejette aucun CO2.
Tout comme les premiers dirigeables imaginés à la fin du XIXe siècle, le Néphélios s’appuie le principe de la poussée d’Archimède et évolue uniquement en basse altitude 0 à 500 mètres. Un gaz, plus léger que l’air (en l’occurrence de l’hélium, mais les étudiants estiment qu’à terme il faudra le remplacer par de l’hydrogène aussi bien pour des raisons économiques que écologiques), enfermé dans l’enveloppe fuselée assure la portance du dirigeable. Des gouvernes et des hélices bipales lui permettent de se déplacer et de s’orienter. La vitesse atteinte, environ 30-35 km, est fonction de la puissance des moteurs rapportée à la résistance que l’aéronef offre à l’air. Elle dépend donc de la surface de panneaux solaires flexibles installés.
Si le Néphélios a déjà réalisé ses premiers vols habités, ses concepteurs se préparent à réaliser très prochainement la traversée de la Manche avant de s’attaquer à l’Atlantique comme le Graf Zeppelin.



Désormais, les clients veulent, avec raison, que lorsqu’ils saisissent l’adresse de leur site sur un statut Facebook, une image dédiée et un texte explicatif apparaissent sur le Mur.