L’incandescence cède sa place à l’électroluminescence

Publié dans : , - 05 août 2010

Voilà plus de 130 ans qu’elles nous éclairaient fidèlement, les ampoules à incandescence s‘éteignent définitivement pour laisser place aux innovations marquées du sceau du développement durable. Le filament de tungstène est remplacé par des diodes moins énergivores et qui ne chauffent pratiquement pas.

Mort annoncée, ce jeudi 1er juillet 2010, des ampoules à incandescence de 60 watts (80 % du marché mondial). Trop énergivores, elles laissent la place aux dernières nées de l’innovation en matière d’éclairage : les fluocompactes (dites basse consommation) et les diodes électroluminescentes (ou LED). Dans un entretien, Marc Giget, Président et Fondateur de l’Institut Européen de Stratégies Créatives et d’Innovation, expliquait que « La durée de vie d’une innovation dans des biens de la vie quotidienne comme les équipements électroniques et multimédias peut se limiter à une dizaine d’années, voire parfois quelques années ». L’ampoule à incandescence en est le contre-exemple. Inventée par Joseph Swan et améliorée par Thomas Edison, son filament en carbone puis en tungstène nous éclaire depuis 1879. Gageons que le cycle de vie des fluocompactes sera bien plus court.

En effet, si elles existent sous forment de tubes fluorescents depuis leur réel avènement à l’exposition universelle de Paris en 1936, c’est en 1980 que les premières ampoules fluocompactes font leur apparition dans les usines de Philips. On ne parle encore de « développement durable », mais les deux chocs pétroliers des années 70 poussent aux économies d’énergie. Les premiers modèles sont volumineux et pèsent trop pour être intégrés de manière esthétique dans les lampes… et sont trop onéreux également. Aujourd’hui, le design est devenu acceptable et surtout elles consomment 4 à 5 fois moins d’énergie que les ampoules à incandescence et durent 6 à 10 fois plus longtemps.

Fluocompactes : une toxicité avérée

Toutefois, cette innovation est d’ores et déjà contestée car les fluocompactes contiennent du mercure, un métal toxique dont le coût de recyclage est élevé et surtout qui s’avère très dangereux si l’ampoule se brise et qu’une personne en respire les vapeurs. De plus, du Bérylium est utilisé pour enduire la couche interne des tubes… Enfin, selon certaines études, les fluocompactes émettraient des ondes électromagnétiques nocives si l’on se trouve à moins de 15 centimètres de l’ampoule.

Diode électroluminescente, un marché en pleine explosion

Avec un rendement de 60 - 100 lm/W (lumen par watt), les ampoules constituées de LED portent néanmoins tous les espoirs de l’industrie. D’autant qu’elles ont une durée de vie moyenne de 50 000 à 100 000 heures, là où l’incandescence s’éteint entre 1 000 et 2 000 heures et le fluocompact entre 6 000 et 15 000 heures. De plus, la fin de vie se présente comme une baisse de rendement progressive et non comme une extinction des feux ou un claquement de filament de tungstène.

Utilisée en mode basse tension, elles sont très efficaces et ne chauffent pratiquement pas. De plus, elles n’émettent aucun rayonnement électromagnétique à moyenne ou basse fréquence. A l’opposé, la température de couleur du blanc produit (la lumière que l’on voit) tire plus vers le bleu (blanc froid) ce qui perturbe les consommateurs habitués à un spectre continu. Autre inconvénient : son prix. Cependant, le tarif devrait largement baisser grâce à la fin des stocks d’ampoule à filament de tungstène et par conséquent l’arrivée d’un véritable marché de masse.

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